
Le président serbe Boris Tadic a évoqué pour la première fois ouvertement l'éventualité en dernier recours d'une "partition" du Kosovo, dont Belgrade refuse la proclamation d'indépendance, indique mardi le site internet de la radio et télévision serbes B92."Je suis disposé à considérer cette option également, si toutes les autres précédentes sont épuisées, mais il y en a un certain nombre", a déclaré le président serbe.B92 citait les propos du président Tadic tenus dans la nuit de lundi à mardi sur la chaîne de télévision d'Etat RTS. Le président serbe était interrogé sur le fait de savoir si pour Belgrade "la partition du Kosovo est acceptable".Mais Boris Tadic a aussitôt précisé que cette option n'était pas "à l'ordre du jour", soulignant que la Serbie souhaitait toujours trouver avant tout une solution au statut du Kosovo dans le cadre d'une large autonomie."Il existe encore beaucoup de possibilités pour trouver une solution dans le cadre du concept de l'autonomie substantielle. Mais si nous épuisons toutes les possibilités, nous pouvons alors nous pencher sur cette option", a répété le président serbe."Toutes les initiatives sont légitimes. Tout est préférable à une situation où une partie a tout perdu et l'autre a tout gagné", selon Boris Tadic.La proclamation d'indépendance du Kosovo "n'a certainement pas contribué à la stabilité et à l'avenir de la région", a-t-il encore déclaré.Selon l'ancien ministre serbe des Affaires étrangères, Goran Svilanovic, interrogé par l'AFP, "c'est la première fois" que le président Tadic avance l'éventualité d'une partition du Kosovo.Pour lui, "il s'agit enfin d'une approche réaliste de la Serbie. Finalement, après des années, il y a matière à discussions" au sujet du Kosovo et ces propositions de Belgrade devraient être accueillies favorablement par la plupart des pays européens "coincés avec leur décision de reconnaître" l'indépendance du Kosovo."Si deux parties tombent d'accord sur une correction de frontières (NDLR: en l'occurrence les autorités de Belgrade et celles de Pristina), personne ne peut se plaindre,... car c'est totalement en conformité avec l'Acte final" de la conférence d'Helsinki, a poursuivi M. Svilanovic."Les frontières peuvent changer" mais les pays ayant reconnu l'indépendance du Kosovo ne seront pas tenus pour autant de revenir sur leur décision, selon l'ancien ministre serbe.Le Kosovo a proclamé son indépendance le 17 février. Elle a été reconnue à ce jour par 47 pays dans le monde, dont la plupart des pays membres de l'Union européenne et les Etats-Unis.Belgrade s'oppose à cette proclamation d'indépendance et considère toujours le Kosovo comme l'une de ses provinces. La Serbie est soutenue dans les enceintes internationales par la Russie.La population du Kosovo est composée majoritairement d'Albanais. Les Serbes sont toutefois majoritaires dans le nord, adossé à la Serbie, et résident autrement dans différentes enclaves dispersées à travers le territoire du Kosovo.
Source: AFP
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