
Après son "one woman show" controversé du Zénith, Ségolène Royal a prévenu mardi qu'il allait "falloir s'habituer" au nouveau style politique qu'elle y a inauguré pour "renouveler profondément le PS" mais pas, assurent ses proches, le contourner.La quasi-concomitance entre le "rassemblement de la fraternité" organisé samedi par Désirs d'avenir - association fondée par la présidente du Poitou-Charentes - et l'ouverture des hostilités entre les ténors pour la conquête du parti en novembre au congrès de Reims, a relancé les spéculations sur l'existence d'une stratégie hors parti de Mme Royal."Il y a eu un choc un peu étrange dans le calendrier, ce n'était peut-être pas le meilleur moment, mais le Zénith, c'était tout sauf une déclaration de guerre aux autres responsables du PS", estime la députée Aurélie Filippetti, membre de cette "nouvelle génération" que la présidente de région veut promouvoir.Cette initiative unilatérale a mis en évidence la distance entre le PS et sa candidate à la dernière présidentielle : pas d'affiches ou de banderoles du PS mais des auto-collants et tee-shirts parfois exhumés de la campagne de 2007, pas de représentants de la rue de Solférino malgré les invitations lancées par Mme Royal.De toute façon, les socialistes sont "dans la pire des périodes pour donner une image rassemblée, le PS ne sera en mesure de parler d'une voix unie, je l'espère, qu'après le congrès de Reims", commente la Lyonnaise Najat Vallaud-Belkacem, autre jeune femme de l'équipe de Mme Royal.En affirmant au Zénith "Je suis là aujourd'hui, je serai là demain. Rien ne me fera reculer", sans du tout évoquer le rendez-vous rémois, Ségolène Royal a donné l'impression d'être déjà dans l'après-congrès et la préparation de sa candidature à la prochaine présidentielle, même si elle se refuse désormais à évoquer cette échéance.Ses critiques répétées à l'égard de la direction du PS conduite par son ex-compagnon François Hollande ont conduit des commentateurs à se demander si Désirs d'avenir n'était pas l'embryon du futur parti de la présidente de région."C'est une idée stupide. Ségolène est dans le parti, et elle a travaillé sur sa motion de congrès en lien étroit avec les autres signataires", souligne le député Jean-Louis Bianco, proche parmi les proches.Selon Mme Filippetti, Mme Royal "ne veut pas jouer contre le parti, mais le renouveler en profondeur, renouveler son fonctionnement, ses pratiques, son personnel politique, son image bien écornée" et "le Zénith est un peu un symbole de tout cela". "Un ovni", ajoute Mme Najat Belkacem.Ségolène Royal, interrogée sur son nouveau style, assume totalement: "j'ai recouvré peut-être une liberté que je m'autorise maintenant et il va falloir s'habituer parce que je vais continuer", a-t-elle déclaré mardi sur Canal+. "Je pense qu'il faut rénover la politique, qu'il faut bouger, qu'il faut être vivant".
Source: AFP
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