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Le Maroc consacre près de 55 % de son budget aux programmes sociaux
Publié le 02/07/2008 à 15:59:05 GMT

Le Maroc, qui ambitionne de faire du développement humain à la fois une finalité et un facteur de croissance économique, consacre près de 55 PC de son budget aux programmes sociaux, a affirmé le Haut Commissaire au Plan, M. Ahmed Lahlimi Alami.

S'exprimant, mardi à Paris, lors d'une conférence-débat sous le thème "Maroc : croissance économique et développement humain", organisée par le Haut Commissariat au Plan en partenariat avec le Conseil français d'Analyse économique, M. Lahlimi a souligné que lesdits programmes ont été confortés par l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH), lancée par SM le Roi Mohammed VI, qui constitue l'expression forte de cette ambition et revêt la dimension d'un véritable chantier du règne.

Mise en oeuvre en 2006, l'INDH s'insère dans la démarche des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et vise plus particulièrement l'amélioration des conditions de vie de la population à travers, notamment, le développement des infrastructures sociales et l'incitation à la création de petits projets générateurs de revenu, a-t-il ajouté.

Il a également fait observer que la transition démographique, économique et démocratique du Maroc place le Royaume au coeur de mutations de "grande amplitude que soutient avec force une volonté politique portée par son leadership national".

Le Maroc connaît globalement une dynamique de croissance et de développement humain qu'il semble maîtriser progressivement en dépit des contraintes de cette triple transition, a relevé M. Lahlimi Alami pour qui les efforts consentis par le Maroc sont aujourd'hui confortés tant en termes de stabilité macroéconomique, de croissance, d'investissement et d'emploi qu'en termes d'amélioration des conditions de vie de sa population.

D'une moyenne annuelle de 4,2 PC depuis 1998, le taux de croissance du PIB est passé à 4,6 PC depuis 2004, marquant ainsi une moindre dépendance des fluctuations de la production agricole de 6,6 PC en 2007, a-t-il fait remarquer, notant que le chômage connaît une nette tendance à la baisse, la pauvreté a diminué et le pouvoir d'achat a connu une évolution de 2,3 PC en moyenne par an.

Et de conclure que le développement humain, qui constitue aujourd'hui une priorité nationale, a connu, au cours des dix dernières années, des progrès remarquables.

D'autres intervenants marocains appartenant à des sphères professionnelles et à des sensibilités politiques et culturelles différentes ont mis en relief la réelle dynamique que connaît le Maroc, devenu désormais un vaste chantier ouvert.

Après avoir relevé l'accélération du rythme de croissance au Maroc de 1998 à 2007, ils ont signalé que cette croissance se fait avec une dépendance de moins en moins forte de l'agriculture et qu'elle a été réalisée dans un cadre macroéconomique assez stable.

Trois secteurs importants émergent de manière assez forte au Maroc que sont les télécommunications, les BTP et des activités financières, ont ils ajouté.

Pour sa part, M. Jean-Philippe Cotis, directeur général de l'Institut national français de la statistique et des études économiques (INSEE), a d'emblée salué "la qualité des liens amicaux et professionnels entre staticiens français et marocains ainsi que les succès récents de la statistique" nationale.

Le recensement de 2004 au Maroc, avec l'utilisation notamment d'une lecture optique, répond aux standards internationaux en la matière, a-t-il dit, notant que "cette stratégie du Maroc centrée sur le développement humain appellera d'autres améliorations du système d'information et d'indicateurs statistiques".

Le Maroc bénéficie depuis 2002 d'un cycle économique fort et durable entraîné par le dynamisme de l'investissement, a-t-il affirmé, relevant que cette croissance économique s'est accompagnée de fortes créations d'emplois.

Dans son intervention consacrée au rôle de la PME dans la promotion des pôles d'excellence au Maroc, M. Jean-Paul Charié, député, rapporteur de la Commission chargée de la Loi de modernisation de l'économie, a souligné que le Maroc recèle "autant de compétences et autant de potentiels" et que sa force aujourd'hui réside dans le fait de s'appuyer à la fois sur sa confiance en lui-même, ses valeurs ajoutées et sur ses compétences.

"Au Maroc, il y a une volonté réelle d'entreprendre et une politique nationale assez exemplaire" en la matière, a-t-il dit, estimant qu'il ne peut pas y avoir de développement aujourd'hui du monde des entreprises sans une très forte impulsion de programmes nationaux et d'engagements publics. "Sans politique publique, les PME ne pourront pas atteindre leur potentiel", a insisté M. Charié.

Pour ce qui est des atouts du Royaume à la croisée des trois continents, l'Amiral Jean Dufourq, directeur de recherche à l'Ecole militaire de Paris, a affirmé que le Maroc dispose notamment "d'une monarchie moderne, un atout incontestable en matière de gouvernance".

Le Maroc peut compter sur sa position géostratégique : "un carrefour entre trois continents, une plateforme très bien placée et une pièce maîtresse dans le puzzle intercontinental", a-t-il ajouté, mettant en relief la place de choix qu'occupe le Royaume dans l'espace euro-méditerranéen.

Il a, d'autre part, indiqué que la façade sahélienne du Royaume contribue fortement à la personnalité du Maroc et partant développe la passerelle entre l'UE et l'Afrique.

De son côté, M. Christian De Boissieu, président délégué du Conseil français d'Analyse économique, a estimé qu'à des stades de développement différents, le Nord comme le Sud de la Méditerranée sont confrontés un peu aux mêmes défis qui sont aujourd'hui la hausse de la vie et "l'émergence très rapide de la Chine et de l'Inde".

Dans ce cadre, il a noté que plus d'innovation, plus de recherches et plus de développement sont indispensables pour faire face à cette concurrence qui ne cesse de se renforcer.

L'ancien Premier ministre français, M. Michel Rocard, s'est félicité d'abord de prendre part à cette conférence "passionnante" consacrée à un pays à qui il voue respect et admiration.

Le Maroc connaît une croissance "régulière, honorablement rapide et sans trop d'à coups", a-t-il dit, déplorant toutefois "la persistance des inégalités".

Cette conférence-débat, qui a réuni une quarantaine d'experts marocains et français, s'est déroulée notamment en présence de l'ambassadeur du Maroc en France, M. Fathallah Sijilmassi.

: 02.07.2008 - 00:00:00

Source: wana
 
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