|
PARIS - Le Comité international olympique (CIO) a décidé mercredi de procéder à de nouvelles analyses d'échantillons sanguins de certains athlètes des Jeux de Pékin, en utilisant le tout nouveau test de détection de la CERA qui a permis de rattraper des coureurs du dernier Tour de France passés entre les mailles du filet antidopage en juillet.
La CERA, une EPO de troisième génération dont les effets se font sentir plus longtemps, avait été décelée pour la toute première fois en juillet dernier dans les urines du cycliste italien Riccardo Ricco lors de la Grande Boucle.
Si la CERA est difficilement détectable dans les urines, elle l'est désormais plus facilement dans le sang, grâce au nouveau test de détection finalisé en septembre par le laboratoire français de Châtenay-Malabry. Cette avancée a poussé l'Agence française antidopage à cibler quelques coureurs suspects et à faire analyser de nouveau leurs échantillons sanguins datant du Tour.
Deux nouveaux cas de dopage à la CERA, touchant l'Italien Leonardo Piepoli et l'Allemand Stefan Schumacher, sont ainsi tombés cette semaine, plus de trois mois après l'arrivée du peloton sur les Champs-Elysées. Et d'autres pourraient suivre.
Le succès de ces analyses "a incité le CIO à refaire tester les échantillons de Pékin et pas seulement ceux des cyclistes", a expliqué la porte-parole du Comité international olympique, Emmanuelle Moreau.
"Cela fait partie de nos procédures habituelles. Nous conservons les échantillons huit ans et, lorsque un nouveau test sort, nous procédons à de nouvelles analyses", a indiqué Mme Moreau.
Un peu moins d'un millier d'échantillons sanguins, sur les 4.770 échantillons de toute sorte, ont été prélevés à Pékin pour être mis au froid, et sont en voie d'être rapatriés de Chine à Lausanne, en Suisse, où siège le CIO.
Combien d'athlètes seront à nouveau ciblés ? Où les analyses seront-elles faites ? Ces questions restent encore en suspens, le temps que le CIO définisse les modalités de ces nouvelles analyses. "Le premier point est de vérifier la qualité juridique de nos procédures", a souligné le directeur médical du CIO, Patrick Schamasch.
Jusqu'ici, neuf athlètes des Jeux de Pékin ont été convaincus de dopage. Puisque le code mondial antidopage fixe à huit ans le délai de prescription pour une infraction aux règles antidopage, d'autres pourraient tomber en fonction des progrès de la science. La CERA n'est d'ailleurs pas la seule substance que le Comité olympique entend rechercher dans les échantillons.
"Nous suggérons aux sportifs qui pourraient être tentés de tricher de garder cette réalité à l'esprit, et nous pensons que les analyses rétroactives auront un effet dissuasif important", a commenté le président de l'Agence mondiale antidopage (AMA), John Fahey, dans un communiqué.
La Grande-Bretagne, organisatrice des prochains Jeux d'été, à Londres en 2012, se félicite aussi de la décision du CIO. "Cela envoie un message fort, confirmant celui qui avait été envoyé avant les Jeux et montrant que le CIO reste déterminé à lutter contre le dopage, a estimé Andy Parkinson, responsable de la lutte antidopage à UK Sport, l'organisme qui gère le sport de haut niveau. "L'époque où un athlète (NDLR: dopé) disparaissait pour toujours avec sa médaille après un test négatif est révolue."
|