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Une équipe franco-marocaine de spéléologues et de biologistes a découvert un trésor de biodiversité dans la grotte Ouintimdouine, la plus grande cavité souterraine d'Afrique, située à 70 km d'Agadir, rapporte mardi le journal français +La Croix+, citant des experts.
C'est en biologie animale que les chercheurs ont fait le plus de découvertes, note le quotidien, précisant qu'outre 80 échantillonnages de petits invertébrés - dont un crustacé d'eau douce, strictement inféodé aux eaux souterraines, pourrait être une espèce nouvelle, ainsi qu'un coléoptère appelé Siagone, aux mâchoires proéminentes, les chercheurs ont fait mouche avec des chauves--souris.
Une centaine de prélèvements ont été réalisés et une quinzaine d'espèces ont été capturées, explique au journal un chiroptérologue, relevant que son équipe a observé un gradient dans la répartition des espèces des chauves-souris gravitant autour de Ouintimdouine.
"A 1.000 mètres d'altitude, se trouvent des espèces méditerranéennes, alors qu'au niveau de la mer, elles cohabitent avec deux espèces subsahariennes venant des aires désertiques proches de la mer", précise-t-il, ajoutant que l'identification de leur ADN et l'analyse acoustique de leurs cris sont en cours.
Les autorités marocaines, soucieuses de préserver ce fleuron naturel, ont demandé pour que la grotte de Ouintimdouine soit inscrite au patrimoine scientifique et naturel de l'Unesco, croit savoir le journal.
Située dans le Haut-Atlas occidental à 1.250 m d'altitude, cette grotte serpente à plus de cinquante mètres sous terre sur plus de 19 km de galeries.
"A l'entrée de la cavité s'étendent quatre lacs sur plus de 800 mètres de long que nous devons franchir au moyen de bateaux pneumatiques", témoigne le responsable de l'expédition, Jean-Michel Bichain, chercheur au Muséum nationale d'histoire naturelle en France.
En partie explorée dans les années 1920 puis 1950 par des spéléologues marocains, français et espagnols, c'est la première fois que cette grotte fait l'objet d'une expédition multidisciplinaire associant hydrogéologues, topographes, géologues, alpinistes et biologistes, notamment une douzaine de passionnés de chauves-souris qu'on appelle des chiroptérologues, soit au total une quarantaine de personnes, dont cinq femmes.
MAP : 17.11.2008 - 11:19:00
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