
Le président PS de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, a totalement changé de stratégie de défense, mercredi, en reconnaissant les faits devant la cour d'appel de Paris, alors qu'il avait contesté toute prise illégale d'intérêts en première instance."Je regrette mon attitude de fermeture" et "j'avoue n'avoir pas vu l'illégalité" des faits, a-t-il ainsi déclaré au premier jour de son procès en appel, tout en assurant que son épouse avait "fait le travail, payé au tarif syndical" et qu'"il n'y avait eu aucun préjudice pour la collectivité, aucun favoritisme".Le 20 février 2007, l'élu avait été condamné à six mois de prison avec sursis, 60.000 euros d'amende et un an d'inéligibilité pour prise illégale d'intérêts.Le tribunal correctionnel de Paris l'avait notamment jugé coupable d'avoir poussé le conseil régional à passer contrat avec trois sociétés de communication en 2002 et 2003, alors qu'à chaque fois, son épouse, Dominique, intermittente du spectacle spécialisée dans le cinéma, était salariée de ces sociétés.Son épouse s'était vue infliger une peine d'emprisonnement de quatre mois avec sursis, assortie d'une amende de 20.000 euros, tandis que Dominique Merchez, ancien responsable des marchés à la région, et Michel Sajn, chef d'entreprise en contrat avec le conseil régional, avaient été relaxés. Le parquet a depuis fait appel de ces relaxes.A l'époque, "j'ai été l'objet d'une dénonciation anonyme très agressive", suivie "de perquisitions très médiatisées", a raconté mercredi M. Huchon."J'ai réagi avec une excessive rigidité" face "à une manoeuvre, une exploitation politique" qui avait pour "volonté de me nuire et de nuire à la région Ile-de-France", a-t-il poursuivi, confessant s'être alors "blotti dans une attitude de déni".En première instance, du 8 au 15 janvier 2007, l'homme politique avait alors dit tout ignorer des activités de sa femme, des déclarations qui avaient été jugées "particulièrement maladroites" par les magistrats.Le fait d'interjeter appel lui avait permis de conserver ses fonctions de président de région, un mandat qui court jusqu'en 2010, et d'adjoint au maire de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).S'il a reconnu mercredi la matérialité des faits, il n'en a pas moins estimé que la sanction d'inéligibilité qui lui avait été infligée était "disproportionnée", "le bruit médiatique (ayant) déjà fait son oeuvre".Son épouse a regretté une décision "très dure" à son égard. "J'ai peut-être commis des erreurs. J'ai peut-être été imprudente, mais je n'ai jamais nui à la région Ile-de-France. J'ai juste apporté mes conseils dans un métier où je travaillais depuis vingt ans".M. Huchon a assuré ne pas avoir agi "dans son intérêt personnel, mais dans celui de la collectivité". A ses yeux, la présence de sa femme au Festival de Cannes pour le compte du conseil régional "n'était pas une prestation exceptionnelle". "Ca ne me paraissait pas anormal, illégal. (...) Je me suis trompé", a-t-il concédé, avant de se lancer dans un panégyrique de la région Ile-de-France, devenue "le deuxième financier du cinéma européen" et sans laquelle "beaucoup de films n'aurait jamais pu se faire".Le procès doit s'achever vendredi et la décision être mise en délibéré.
AFP : 08.10.2008 - 12:22:17
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